Seul ou accompagné, vous verrez souvent Serge Ananou avec sa guitare. Il chante le droit des femmes, la protection des albinos en Afrique, sans oublier l’Amour et la vie en général. Bercé par les rythmes traditionnels de son Bénin natal, Serge Ananou y a ajouté sa touche de modernité pour en faire une musicalité mondiale.

Bonjour Serge ! Présentez-vous à nos lecteurs s’il vous plait !
Mon nom á l’état civil est Avehounkpan Serge, mais sur la scène musicale, on m’appelle Serge Ananou. Je suis musicien, guitariste- chanteur, originaire du Bénin, habitant en France.

Pourquoi ”Ananou” ?
Ananou parce que je viens de la lignée des « Ananou Dokon nou ». J’ai d’ailleurs découvert sur les réseaux sociaux que les familles Ananou existent au Togo et au Bénin. L’occasion de réaffirmer que Ananou n’est pas mon nom de famille.

Quelle est votre particularité musicale ?
La musique qui m’inspire est celle qui n’a pas de frontière, un mélange des genres.
Je n’ai donc pas de genre particulier, mais je suis souvent classé dans ce qu’on appelle « Musique du Monde » ou « World Music ».

Qu’est-ce qui vous a motivé vous lancer dans une carrière musicale ?
J’ai pris la décision d’en faire mon métier quand le patron d’un bar où je jouais dans mon pays m’a mis dehors avec les membres de mon groupe de variétés (pop, reggae, soul, soukouss etc.),et ce par ce que des musiciens de jazz étaient passés jouer et ils étaient techniquement meilleurs que nous, mais pas forcément meilleurs que nous musicalement. Ca a été l’élément déclencheur.
La clientèle du bar était populaire, tout le monde y venait, mais avec l’arrivée des jazzmen, l’endroit a changé, la clientèle était devenue friquée. Á croire que qui dit Jazz, dit musique pour une certaine classe sociale.
L’envie d’étudier le jazz est parti de là. Pas pour devenir musicien de jazz. Je ne le suis pas ! Mais je me suis promis d’utiliser les rudiments du jazz dans ma musique, de façon subtile afin qu’elle soit accessible á tout public, et non spécialement á un public de connaisseurs ou une classe sociale friquée.
Je suis content aujourd’hui de voir la femme du marché á Cotonou fredonner un morceau á moi.

Parlez-nous un peu de votre parcours musical et artistique !
J’ai commencé la musique á 13 ans en tant que percussionniste, et je jouais dans la chorale d’une l’église Catholique, mais aussi dans les groupes de musique traditionnelle du quartier et quelques fois dans les cérémonies Vodoun. Ensuite j’ai découvert la guitare. Je suis passé par des groupes de cover au lycée et ensuite dans des bars et clubs de Cotonou. En 2002, j’ai fait ma première tournée européenne qui m’a emmené en Suisse, en France et en Italie, et en 2006, je me suis installé en France afin d’y poursuivre ma carrière.
Je suis passé par la phase des petits boulots avec toujours la musique au premier plan, ensuite j’ai passé un an au CFPM (Centre de Formation Professionnelle de la Musique) á Paris et trois ans á l’ASMM (American School of Modern Music), l’actuel IMEP College of Music á Paris, pour y étudier le jazz et surtout l’arrangement. J’ai travaillé pendant sept ans comme professeur de musique pour la ville de Versailles, trois ans comme professeur remplaçant au conservatoire de Courtry (Marne et Chantereine) et parallèlement je fais des scènes en France et en un peu partout en Europe. En 2017 est sorti mon tout premier album « Bônou » enregistré á Paris. Voilà un peu mon parcours.

D’où tirez-vous votre inspiration musicale et artistique ?
Je crois que ce que j’écris s’inspire du quotidien, de mon vécu, du vécu des autres, des histoires entendues, des ressentiments et de la vie en générale.

Outre la musique, quelles sont vos autres activités et passions ?
Outre la musique, j’adore cuisiner. Je peux passer toute la journée dans la cuisine á essayer des recettes. Je suis aussi intéressé par la politique internationale.

Que représente la musique pour vous ?
La musique représente une part de moi, indissociable de la personne que je suis.

Comment décririez-vous votre musique à vous ?
Ma musique á la date aujourd’hui est á l’image d’un pont entre mon passé et mon présent.
Elle est appelée á évoluer, et peut être demain, elle aura toute une autre couleur.

Y a-t-il au cours de votre si longue carrière des chanteurs qui ont influencé votre écriture et votre style de musique ?
Pas particulièrement. J’écoute de tout, de Salif Keita, Nina Simone, Ali Farka Touré, en passant par Angelique Kidjo, Bella Bellow, Manu Dibango, Alpha Blondy, Richard Bona, Raoul Midon, Charlie Parker etc.

Vos artistes préférés dans la sphère musicale de votre pays et ou mondiale !
Venant de mon pays, j’écoute aussi de tout. Je n’ai pas particulièrement de préférence. Cela passe par Sagbohan Danialou, Alêkpé Hanhou, Alêvi, Robinson Sipa, Janvier Dénangan, l’Orchestre Poly Rythmo, Ramou Sambieni, etc.
Sur le Plan international, je suis également ouvert á tout genre : Fred Wesley,Miles Davis,Snarky Puppy, Third Word, Patrice,Seed, Gilberto Gil, Cesaria Evora etc.

Avez-vous déjà eu à collaborer avec d’autres artistes ?
J’ai fait l’année dernière á Calcutta en Inde lors d’un voyage professionnel, une reprise de mon titre « Kinguo kinguo » avec Sandip Bag, un joueur indien de Tabla résidant á Calcutta.
C’était très enrichissant ! Nous ne nous connaissions pas, mais nous avions réussi á parler le même langage musical. Il s’est facilement greffé sur du chant et rythme béninois et c’était juste génial l’échange !

Que vous apporte la musique ?
Une paix intérieure. Mes moments préférés sont ceux où je suis seul dans la voiture et que j’écoute un disque que j’aime.

Des projets en cours ?
Nous sommes en préparation de mon prochain album, et des dates de concerts vous seront annoncées très bientôt. Restez donc aux aguets.

Dites-nous avec quel(s) artiste(s) aimeriez-vous faire un duo si l’occasion vous était donnée ?
Steevie Wonder, Raul Midon, Lionel Louèkè, Sara Tavares et pleins d’autres.

Qu’auriez-vous fait comme métier si vous n’aviez pas été artiste ?
Je n’y ai jamais pensé, mais je crois que j’aurais fait de la politique.

Dites-nous votre plus beau souvenir!
Mes plus beaux souvenirs restent les jours de naissance de mes deux enfants.

Votre plus grand regret!
Je n’ai pas de regret en général. Ce que je ne réussis pas aujourd’hui, je le pourrai demain peut-être. La motivation et la détermination restent mes piliers.

Votre plus grand rêve!
La paix dans le monde, une Afrique libre, politiquement et économiquement stable.

Votre citation préférée
« Cela semble toujours impossible, jusqu’á ce qu’on le fasse »; Nelson Mandela

En couple ou cœur à prendre ?
En couple

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui rêvent d’une carrière musicale ?
Être vrai, travailler et y croire dur comme fer, le reste vient avec la persévérance.

Quelle est votre vision pour l’Afrique de demain ?
Je reste optimiste car la jeunesse africaine á laquelle j’appartiens est ambitieuse. Notre développement est en marche et bientôt l’autosuffisance alimentaire sera du concret, la démocratie sera réelle, la dictature dans certains pays sera du passé, notre modèle économique sera envié de par le monde… Je reste Optimiste !!!

Quels conseils à la jeunesse africaine en général ?
Personne ne viendra vraiment développer nos pays á notre place sinon cela se verrait déjà. Á nous de prendre notre destin en main.

Vos mots de fin?
Merci beaucoup pour cet entretien et au plaisir de retrouver une autre fois. Musicalement !

Contacts
E-mail : sergeananou@gmail.com
Site web : www.sergeananou.com
Facebook : Serge Ananou

YouTube: Serge Ananou

2 Commentaires

  1. Riche interview… Bravo à l’artiste que je viens de découvrir… vous avez de la matière. Merci à myafricainfos.com pour cet entretien de qualité bien conduit. Vive l’Afrique!

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