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Guinée-Diaspora/ Abdoul H. Diallo : « Le slam me procure, un sentiment de liberté, de partage et de voyage improvisé à travers les mots »

Sa rencontre avec l’art de manier les mots s’est faite de façon brutale. Depuis, il est tombé amoureux et ne peut plus s’en séparer. Communicateur de formation, Abdoul Hamid Diallo trouve son bonheur dans le Slam, un art oratoire particulier par les amoureux des mots. Découvrons ensemble ce personnage plutôt timide mais plein de vie et d’amour.

Bonjour Abdoul ! Une petite présentation ?!

Bonjour Essenam ! Je m’appelle Abdoul Hamid Diallo, “Kichki” pour les intimes ; sobriquet qui me vient d’un religieux musulman d’Egypte dont j’admire l’éloquence, le combat et la fougue. Je suis de nationalité Guinéenne et j’habite dans le sud de la France à Toulon plus précisément où je fais mes études. Depuis 2016 je prépare un diplôme de communication digitale et éditoriale à l’Université et cette année je suis en fin de cycle.

Avant d’arriver dans l’Hexagone, aviez-vous déjà quelques expériences dans le domaine de la communication ?

Oui ! J’ai travaillé pendant plus de 3 ans en Guinée dans une agence de communication (EASYCOM) avant de décider de venir poursuivre mes études ici, afin de parachever ma formation et surtout de développer de nouvelles compétences dans le domaine de la communication qui me fascine depuis toujours.

Un communicateur qui voue son amour aux mots à travers le Slam. Comment s’est faite votre rencontre avec cet art oratoire ?

J’ai découvert vraiment le SLAM en 2010 au CCFG (Centre Culturel Franco-Guinéen) lors d’un spectacle organisé par un artiste qui s’appelle MAJESTYCONAKRY. Alors, c’était le bouleversement total, ça frôlait même un petit peu le choc. En fait, j’ai trouvé ce mélange de poésie urbaine et d’art oratoire complètement séduisant. J’en suis ressorti un peu sur un nuage et je n’ai pas arrêté de reprendre les deux ou trois vers que j’avais retenus. Le rythme était vivant, les mots percutants et la verve d’une autre époque, j’étais conquis. Subitement, cette nuit-là j’ai décidé d’écrire, et puis les jours qui ont suivi encore et encore.

Une belle rencontre ! Au début il vous était difficile de vivre ouvertement votre amour pour le Slam. Comment avez-vous passé le cap ?

En fait, je ne voulais le montrer à personne de peur d’être “jugé” car je trouvais certaines phases complètement ridicules, ou certains passages très personnels et même parfois profondément intimes. Au début j’écrivais juste pour moi, pour m’évader.

Par la suite, j’ai intégré un club de lecture qui s’appelle le CLCCFG (Club Littéraire du Centre Culturel Franco-Guinéen) un groupe de jeunes, très talentueux, passionnés de mots et imprégnés de littérature de tout genre. Un club qui fait la promotion de la lecture et de l’écriture en milieu scolaire à Conakry. Et là, deuxième choc pour moi.

Je me suis littéralement pris une claque en côtoyant ces jeunes qui manient le français avec délicatesse et plein de dextérité. J’ai commencé à participer à des scènes de slam ouvertes où chacun passait à tour de rôle pour dire ses vers. J’avais enfin une raison de m’exprimer, de me confier sur scène et de partager ce petit moment d’intense plaisir qu’on ressent sur scène. C’est magique, une fois que t’es lancé tu veux plus t’arrêter. Mon challenge de me performer dans l’écriture partait vraiment de là. Je me sentais comme un petit poisson rouge extirpé de son bocal et lâché dans l’océan.

Comme un poisson dans l’océan, vous êtes désormais un Slameur confirmé. Que vous apporte cette passion ?

Le slam me procure, un sentiment de liberté, de partage et de voyage improvisé à travers les mots. Il y’a des gens qui transmettent leur art par de la musique, des images, de la peinture, de la danse ; moi c’est par les mots que je sais toucher les gens. Pourquoi ? tout simplement parce que l’univers est rempli de mots et en les nommant on leur donne sens et vie.

Quelles sont les étapes qui vous ont marqué depuis que vous avez embrassé le slam ?

En 2018, j’ai participé à un évènement qui s’appelle “Osons Toulon” dans le sud de la France qui réunit plus de 2000 personnes pour célébrer la solidarité, le partage, et le respect de l’autre dans sa différence culturelle. Ce qui m’a le plus marqué, c’est de voir un public assez varié et divers se mélanger, sourire et s’évader sur des mélodies enjouées. Un brassage de culture, d’origine sociale et professionnelle totalement différente. Interagir avec ce public m’a marqué à plus d’un titre.

Il y a-t-il des Slameurs internationaux et Africains qui vous inspirent ?

J’ai deux Slameurs qui me font rêver. Le premier c’est Souleymane Diamanka qui est Franco-sénégalais et le second c’est ABDEL Malik ; Français d’origine congolaise. Ce dernier est à la fois poète, rappeur, réalisateur et écrivain. Je vous invite d’ailleurs à les découvrir si vous aimez les mots.

Quels sont vos projets pour le futur ?

Je travaille sur un EP de slam qui va arriver très prochainement. EP qui veut dire Extended Play, un format de projet slam plus long qu’un single et moins court qu’un album ; c’est entre 3 et 4 titres de slam.

Par la suite, je prévois surtout de développer une solution mobile qui fera la promotion de l’art oratoire de la culture peul dont je suis issu et l’art oratoire africain en général.

Comme vous, nombreux sont ceux qui restent timides devant leur passion, incapables de l’affirmer et de la vivre. Que pouvez-vous dire à une personne en manque de détermination pour vivre son art, peu importe le domaine ?

Le plus important dans l’art c’est la transmission des émotions à travers un canal, et les émotions sont humaines donc susceptibles de toucher au moins une personne dans notre entourage. Peu importe ce que l’on sait faire dans la vie, il y’a forcément quelque part une personne ou deux qui s’identifient à cela et en tire de la force. N’hésitez pas à le partager. Voyez-le comme votre petite contribution au rayonnement de l’humanité. Soyez des porteurs de messages forts, positifs et optimistes dans un monde où tout nous pousse au doute inexprimé et au repli de soi.

Un dernier mot ?

Mon dernier mot est juste un grand Merci à vous pour tout le travail que vous faites pour vulgariser les talents africains.

Contact

Facebook : Ha Meed Kichki
Instagram : Hamid Kichki

Interview réalisée par Essenam K²

Essenam K²

Journaliste Web Responsable du site

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2 Comments

  • Un homme épris de mots,enfant de la methaphore,ivre d’art..On est fier de vous mr hameed et on vous invite à continuer de nous bercer par vos mots.

  • Vraiment nous sommes fière de toi, Tu es un modéle pour la jeunesse africaine.
    c’est ton ami Abdoulaye de GRAVUPUB guinée

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