J’entends souvent les gens dire : “l’Afrique est en retard “. La question que je me pose est la suivante : dans quelle course sommes-nous ? Et, contre qui ?

Certains diront que notre cher continent se retrouve handicapé à cause de nos leaders politiques et leurs mauvaises visions, d’autres étendront le sujet au néo-colonialisme (les activistes du front anti CFA). Une chose est sûre, quelle que soit votre réponse, vous pensez que vous n’y êtes pour rien. L’enfer c’est les autres. Stop !!! Nous sommes tous coupables.

Pour ceux qui assimilent mon cher continent à une voiture de course, demandez-vous quelle serait la raison pour laquelle Lewis Hamilton serait en avance ou en retard sur ses concurrents. Réponse évidente : soit il conduit bien, soit il n’est pas au mieux de sa forme et une autre personne passe en tête de peloton ! Simple non ?

Nous sommes ceux qui conduisons l’engin alors si l’Afrique est en retard, nous sommes tous responsables du pseudo retard de l’Afrique.

Faire une course, c’est respecter le timing. Usain Bolt en sait quelque chose. Si nous voulons démarrer l’engin, il nous faut respecter le temps. C’est là que le bât blesse.
L’africain en général n’accorde aucune importance au temps.

Je donnerai dans ce billet certains faits qui me marquent.

Le concept de l’heure africaine

Je définirais l’heure africaine comme étant un concept inventé pour permettre aux gens d’être en retard.
Quand vous donnez rendez-vous à quelqu’un à 7 heures, prenez la peine de préciser s’il s’agit de l’heure GMT ou de l’heure locale, cela même si le pays a le même fuseau horaire que Greenwich. Tout porte à croire que le retard est devenu une seconde nature pour l’Africain. Ce qui m’exaspère le plus, c’est qu’on trouve toujours cela normal d’arriver en retard à cause des embouteillages. On ne peut même pas s’excuser pour le désagrément causé à l’autre. Peut-être verriez-vous le côté dramatique si vous arrivez un jour avec un être cher aux urgences et que l’agent de santé de garde n’est pas encore arrivé. Imaginez toujours qu’une fois arrivé, celui-ci vous dit en souriant : ” J’étais dans les embouteillages”…

L’heure africaine tue la productivité. Les salariés des entreprises privées en savent quelque chose. Ce n’est pas un hasard si certains employés sont sanctionnés pour leur retard .Parfois quand on compte tout ce que l’entreprise perd en une heure de retard de l’employé, on se rend compte que la sanction ne représente qu’une goutte d’eau dans la mer. Comprenez les Américains quand ils vous disent ” Time is money”. Je ne sais plus qui l’a dit mais je pense personnellement que “Time is more than money”.

Vendredi, on ne dure pas au champ

Tous les” Abidjanais” ont entendu cette phrase au moins une fois. Cette phrase n’est que le signe du manque de considération vis-à-vis du temps dans nos administrations publiques et parfois dans certaines structures privées.

Je fus surpris de voir une agence de la compagnie de distribution d’eau en Côte d’Ivoire fermer les caisses à 14h55.Pourtant pour chaque règlement de facture, il y a une taxe d’État. Les exemples dans l’administration publique ne manquent pas (les mairies, les centres d’impôts). Ce sont donc des millions de francs CFA qui sont perdus chaque semaine.

L’absence de ponctualité et le non-respect du temps de travail coûtent cher à l’économie de nos pays africains.

L’Africain et son futur

Le non-respect du temps cause plus de tort qu’on ne pense. En observant les détails, on se rend compte que la plupart des Africains ont une période de retraite très difficile parce qu’ils n’ont pas su gérer leur temps. La gestion du temps incite à la gestion du nerf de la guerre, le nkap, l’akwè, le djè (l’argent). Observez la réaction d’un père de famille qui reçoit une notification pour sa retraite professionnelle. Il dira sûrement “qui vous a dit que je suis vieux ?” ou “qui va s’occuper de mes enfants si je pars ?” On comprend qu’il n’a pas eu le temps de préparer sa retraite. L’erreur qu’on fait souvent, c’est qu’au début de notre carrière professionnelle, on se dit qu’on a encore le temps pour préparer notre “avenir”.

Il nous faut donc prendre conscience de l’importance du temps et s’armer de discipline pour pouvoir le gérer. Jusqu’à preuve du contraire, il n’y a pas de banque pour le temps. Pour finir, je vous conseille le livre ”Que fais-tu de tes 24 heures ? ” du Dr Maurice Koue.

M. Fadegnon

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