Ce jeudi 29 novembre marque une nouvelle histoire pour la Jamaïque en général, et sa musique en particulier car sa musique Reggae vient d’être officiellement inscrite sur la liste du Patrimoine culturel immatériel de l’humanité par un comité spécialisé de l’UNESCO réuni à Port-Louis, en île Maurice.

Elle rejoint ainsi les 400 autres traditions culturelles dejà inscrites allant de la lutte coréenne traditionnelle (Ssirum/Ssireum) au cercle de capoeira du Brésil.

Originaire d’un espace culturel abritant des groupes marginalisés principalement dans l’ouest de Kingston, la musique reggae de la Jamaïque est une fusion de nombreuses influences musicales, notamment les formes jamaïquaines antérieures ainsi que les variétés caribéenne, nord-américaine et latine. Avec le temps, les styles néo-africains, l’âme et le rythme ainsi que le blues d’Amérique du Nord ont été incorporés à l’élément, transformant progressivement le ska en rock stable puis en Reggae.

« Le reggae est exclusivement jamaïcain »… « C’est une musique que nous avons créée qui a pénétré partout dans le monde », a expliqué Olivia Grange, la ministre de la culture du pays, avant le vote.

L’Unesco justifie son choix par le fait que cette musique ait contribué à combattre l’injustice et à engendrer une prise de conscience internationale face à plusieurs réalités. Ainsi, de Bob Marley et toute la famille Marley dont les chansons sont toujours empruntes de messages positifs ou dénonciateurs, à Peter Tosh qui chantait la libération de l’homme noir ( Apartheid ) et la légalisation de la marijuana dans « Legalize it » ( question toujours d’actualité) , en passant par Etana avec ses chansons « Learn to Love » ou « Blessing »  qui prônent l’amour et le respect de la Femme, le Reggae a toujours été l’instrument par essence des messages du cœur.

« Dans les années 1960, les précurseurs du reggae prônaient l’amour universel et le respect tout en dénonçant les violations des instruments relatifs aux droits de l’homme. Les morceaux « unhappy regime » (aussi connu sous le nom de « war ») de bob Marley and the wailers et « apartheid » de Peter Tosh font ainsi référence à l’apartheid et à la domination et l’exploitation coloniales à travers le monde. Les artistes de reggae ont également condamné les conflits internationaux partout où ils survenaient et défendu le principe d’une fraternité internationale et la nécessité d’évoluer vers l’établissement de la paix à l’échelle mondiale. Son lien étroit avec la consommation de marijuana, qui relève d’un rite sacré pour de nombreux artistes et praticiens, a également servi à prôner la liberté religieuse et la liberté d’expression. », lit-on dans le Dossier de candidature n° 01398 pour inscription en 2018 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Cette musique est aussi cathartique en plus d’être un moyen de louer Dieu. Aujourd’hui chanté partout dans le monde, le Reggae n’a jamais perdu de son originalité et de sa noblesse, et continue d’être la voix des sans voix. Il s’est même fait des ramifications telles que le Reggaeton, le Ragga, le Dub, le Dancehall.

Rappelons qu’il est consubstantiel au rastafarisme, mouvement jamaïcain, mystique et religieux qui sacralise l’empereur éthiopien Hailé Sélassié et soutient  l’usage de la marijuana comme herbe sacrée.

Réunis du 26 novembre au 1er décembre au Centre International des Congrès Swami Vivenkananda (SVICC) à l’île Maurice, les 24 Etats membres du Comité de sauvegarde du Patrimoine culturel immatériel élus par l’Assemblée générale de la Convention de 2003, débattent d’un certain nombre de questions importantes pour la sauvegarde du patrimoine vivant à travers le monde.

 

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